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Les marchés libres pour désamorcer la « bombe démographique » ?

Il est actuellement difficile d’échapper au débat national sur « la durabilité ». Quelles mesures doivent être prises pour préserver les ressources et le patrimoine naturel de nos enfants. Il semblerait que pour cela il soit essentiel de prévenir la «surconsommation» des ressources actuelles. Ce qui semble impossible avec l’explosion démographique constante entrainant une croissance de la consommation des ressources rares sur la planète.

La surpopulation selon le biologiste Paul Ehrlich, est une sorte de « bombe à retardement qui explose lorsqu’une population ne peut être maintenue sans épuiser rapidement les ressources non renouvelables et sans dégrader la capacité de l’environnement à supporter la population ». Avec les ressources limitées de la planète, ce n’est qu’une question de temps avant que nous puissions l’épuiser totalement pour faire face aux milliards d’individus supplémentaires qui nous attendent dans les décennies à venir. L’Inde s’est positionnée dans ce débat par le passé en envisageant une politique limitant la natalité à deux enfants.

La réponse du marché

Heureusement, l’économie de marché n’est pas un jeu à somme nulle, ce qui explique pourquoi Ehrlich a perdu son pari avec l’économiste Julian Simon, qui a placé astucieusement son argent en période de réduction des coûts des ressources face à la croissance démographique. Une économie en croissance peut combattre une grande partie des risques d’une «bombe démographique», car pour que la croissance se maintienne, les consommateurs ne se limitent pas à l’utilisation des ressources, mais, selon la loi des marchés de Say, les acteurs en produisent et les utilisent de manière plus rationnelle dans une environnement de marché.

Alors que la population mondiale augmente, les marchés répondent à la demande croissante de produits de première nécessité, tels que la nourriture et l’énergie, à un coût raisonnable du fait de l’augmentation de la production. De plus, la concurrence et la rareté poussent à l’innovation qui se traduira par une meilleure productivité globale. Contrairement aux prévisions des pessimistes malthusiens, les prix des denrées alimentaires ont énormément chuté au cours du siècle dernier. En Inde seulement, la production alimentaire a presque quadruplé depuis les années 1960. D’autres ressources, telles que l’énergie, les métaux et le bois, ont également bénéficié d’une augmentation considérable de leur production, grâce à la croissance économique mondiale.

Bien entendu, cette logique peut paraître ne pas s’appliquer à la production de ressources non renouvelables, telles que le charbon, le pétrole et d’autres combustibles fossiles, qui doivent à terme s’épuiser. Cependant, la vertu du système de prix prévaut toujours ; les producteurs ne découvriront pas du jour au lendemain que les combustibles fossiles ont disparu. Alors que les ressources non renouvelables deviennent de plus en plus rares, les prix réagissent en augmentant, incitant les acteurs du marché à se tourner vers des ressources alternatives, telles que l’énergie verte. Cet argument est confirmé par les faits, car les sources d’énergies renouvelables deviennent de moins en moins chères par rapport aux combustibles fossiles et constituent une part de plus en plus importante de la consommation mondiale d’énergie, malgré les énormes subventions accordées au secteur des combustibles fossiles.

Le laissez-faire n’est pas une aberration

Même les Nations Unies, peu partisans du laissez-faire, reconnaissent l’importance de la croissance pour promouvoir la « durabilité ». Pour atteindre un objectif de croissance économique durable, les Nations Unies suggèrent essentiellement d’atteindre un PIB plus élevé et un taux de chômage plus bas. Bien que les économistes de tous bords critiquent les méthodes actuelles de mesure de la croissance économique, les preuves empiriques et théoriques à ce sujet devraient amener les décideurs politiques à adopter plus souvent une attitude de « laisser-faire » envers l’économie. Certes, une activité économique illimitée est souvent associée à la destruction de l’environnement, ce qui serait contraire à toute notion éthique de la durabilité. L’immense croissance de l’industrie indienne s’est sans doute accompagnée de fumées étouffantes dans le ciel de Delhi. Les Parisiens semblent également se retrouver au cœur du débat sur la pollution, des émeutes éclatant dans les rues à la suite de mesures visant à les combattre, telles que les taxes sur le carbone, ce qui semble être une solution attrayante pour certains. Cependant, une telle perspective serait erronée.

À mesure que l’économie se développe, l’utilisation des ressources devient de plus en plus efficace et les économies ont tendance à s’éloigner des comportements néfastes pour l’environnement tout en élevant le niveau de vie des populations. En fait, l’indice de performance environnementale de Yale 2018 montre une nette corrélation positive entre la croissance économique et la performance environnementale.

Il est clair que pour que la planète puisse supporter une population en croissance rapide, il est absolument nécessaire de libérer l’économie mondiale des entraves d’une réglementation inutile et des lourdes taxes. Il faut d’évidence s’éloigner de ces politiques qui maintiennent le statu quo. Bien sûr, toute l’activité n’est pas sans impact sur la planète, mais laisser les marchés fonctionner et les économies croître est notre meilleur espoir d’aller dans une direction qui permette de faire face à une population mondiale en progression. D’évidence, aucun signe de réduction imminente ne se fait ressentir. Bien que la plupart des ressources de la Terre soient limitées, il n’y a aucune limite à l’ingéniosité et au potentiel humain qui devraient être exploités à leur maximum pour promouvoir la liberté humaine et son épanouissement.

Nikhil Sridhar, analyste en politique économique, Duke University.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

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