Les Écrits de Paris

Les Écrits de Paris

Jamais dans l’histoire de notre pays, nos politiciens, mis à part bien sûr le désormais légendaire leader du Parti Malin, Danrajsingh Aubeeluck, nous auront fait autant rire sinon pleurer. Examinons-les dans un ordre de préséance.

ommençons par le Premier des ministres puisque, a priori, Pravind Jugnauth aurait refusé la décoration qui est automatiquement décernée à tous les Premiers ministres qui entrent en fonction, du fait selon lui, qu’il pense ne ‘’pas avoir encore fait ses preuves’’ pour la mériter. A vrai dire, ce serait plutôt pour une autre toute raison. Selon certaines ‘mauvaises langues’, le Premier ministre l’a tout bonnement refusé pour ne pas être obligé de la restituer au cas où il serait trouvé coupable dans l’affaire Medpoint par la décision prochaine du Privy Council. »

En effet, si cette dernière lui était défavorable, il serait alors ‘stripped off’ de sa décoration… et bonjour la honte ! De toute évidence, dès sa désignation comme le successeur de son papa SAJ – puisqu’il n’avait été élu par le peuple mauricien comme Premier ministre en décembre 2014 – il s’est tout de suite mis au nettoyage des rues au cas où sa condamnation à une peine de service communautaire redeviendrait exécutoire.

Le tout nouveau leader de l’Opposition, Xavier Duval quant à lui, sans doute un peu perdu dans les méandres de ses nouvelles fonctions, lui qui à toujours été au cœur du pouvoir un peu plus grâce à son patronyme qu’à ses compétences réelles ou supposées, n’a rien trouvé de mieux cette semaine que de poster une vidéo sur Facebook, pour appeler à la solidarité des Mauriciens envers ‘’nos frères et sœurs malgaches’’ suite au désastre causé par le passage du cyclone Enawo.

Ce n’est pas du tout se moquer des malheurs de nos voisins malgaches que de ne pas susciter la solidarité nationale envers eux. Mais connaissant le contexte de corruption qui prévaut dans ce pays, il aurait mieux valut donner l’exemple lui même, en versant une somme conséquente sur un fonds de solidarité avant de demander aux Mauriciens, qui pour un grand nombre, ont des fins de mois très difficiles, de faire le premier pas. Sans doute le jeune Prince de Grand Gaube qui n’a jamais été dans le besoin, mesure mal ce genre de réalité-là.

Quant à l’ex-Leader de l’Opposition, Paul Bérenger, qui est un féru de conférences de presse hebdomadaires, à feuilleter avec passion sa volumineuse documentation devant la presse et les cliquetis des appareils photos, il semble bien que son élan ait été un peu coupé depuis.

Avec son petit nombre de députés au Parlement, cinq ou six au plus aller, la perte de son étendard de ‘Chef de l’Opposition’, on sent bien que le ‘’l’éternel râleur et sans-emploi’’ comme l’a qualifié dernièrement Priscilla Bholanauth-Moothien sur Facebook, a de toute évidence beaucoup perdu de sa superbe, et s’empêtre allègrement dans ses contradictions que plus personne ou presque ne voit.

Enfin, le ‘Lion’ autoproclamé, l’homme au coffre-fort et aux valises débordant de billets de banque de toutes devises, le charmeur de ses dames à la « classe » inégalable et inégalée, Navin Ramgoolam, n’a rien trouvé de ‘classe’ à dire cette semaine sur le Samadhi de son illustre père, dont d’autres réclament sur Facebook une fois de plus, la paternité, que le pays serait devenue une « République bananière ». Si son affirmation est vraie, il aurait tout juste omis d’y ajouter, qu’il y serait largement pour quelque chose suite à ses frasques connus et reconnus lorsqu’il était lui-même Premier ministre de ce pays.

Tous ces comiques nous font malheureusement bien rire, mais ne tarderont plus à nous faire pleurer.
Paris,
Le 15 mars 2017

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