Libre Afrique

Révolution digitale et croissance économique en Afrique

S’il fallait apprécier le progrès en Afrique, ce serait maintenant, car le continent s’approprie très rapidement les nouvelles technologiques. N

ous pensons qu’il existe encore d’énormes opportunités qui n’attendent que d’être exploitées. L’explosion du numérique continue de prendre de l’ampleur. Le digital, le Big Data, le design et l’émergence du secteur Fintech sont en train de devenir la force motrice du développement du continent.

Un modèle de développement unique

Désormais, les organisations de tous secteurs et branches d’activités doivent réexaminer leurs stratégies à la lumière de ces nouvelles tendances. En conséquence, de nouveaux types d’affaires émergent, des partenariats se forment, l’innovation évolue et le moment est venu d’exploiter ces tendances pour créer plus d’opportunités. L’Afrique se trouve dans une position unique qui va faire que son développement aura une trajectoire unique. En tant que continent, il reste le leader du mobile money avec plus de 22 milliards de dollars investis chaque année et cette tendance devrait se poursuivre. Avec les améliorations des capacités technologiques, de la connectivité et la prolifération des appareils mobiles, on peut anticiper des temps passionnants pour la transformation numérique du continent.

L’utilisation croissante du Big Data, du mobile, de l’informatique en « cloud » et de l’intelligence artificielle, donne aux entreprises la possibilité de réinventer les expériences des clients, de livrer instantanément des produits et services à un grand nombre de clients à moindre coût. Les autres grandes tendances qui ne peuvent être ignorées sont la technologie Blockchain ainsi que les cryptomonnaies dont on parle beaucoup ces derniers temps. Elles modifient notre façon de penser les paiements internationaux, le financement du commerce, l’identité et l’avenir de l’argent lui-même. Au fil du temps la Blockchain apportera la transparence, la réduction des coûts et l’efficacité que les organisations n’ont pas été en mesure d’offrir auparavant.

Un écosystème Fintech prospère

Ceci étant, les technologies émergentes n’ont pas changé seulement la façon dont l’Afrique fait des affaires. La réduction des barrières douanières sur les produits technologiques a permis l’émergence d’un écosystème de petites entreprises FinTech prospères. En 2016, il y a eu une augmentation de 33% des investissements dans les entreprises de type start-up, qui ont généré un chiffre d’affaires de 367 millions de dollars dans le secteur. Bien qu’il y ait une concentration des entreprises Fintech autour de l’Afrique du Sud, du Kenya et du Nigeria, cette tendance se diffuse doucement à travers le continent. Elles cherchent à s’attaquer aux problèmes et aux opportunités africaines, et nombre de ces entreprises se penchent sur les paiements, les envois de fonds, l’identité, l’inclusion financière et la mobilisation de données pour améliorer la notation-crédit et l’accès aux produits financiers de base. Ces entreprises offrent non seulement de la création d’emplois, de nouvelles opportunités de revenus et des méthodes de livraison moins chères, mais elles améliorent également l’inclusion financière. En 2014, plus de 60% des adultes en Afrique subsaharienne n’avaient pas de compte bancaire. La FinTech a permis d’améliorer considérablement l’accès de base aux services financiers.

Partenariats et modèles d’affaires en évolution

Le rapport du dernier Forum économique mondial montre que les partenariats avec les entreprises Fintech constituent l’une des tendances commerciales les plus importantes à surveiller cette année. Au départ, on pensait que les petites entreprises FinTech pouvaient perturber les grands opérateurs dans différents domaines, mais, ces supposés «ennemis» s’unissent finalement pour mutualiser leurs forces respectives et pour réaliser ainsi un bénéfice mutuel.

À travers ces partenariats et ces nouvelles start-ups, les modèles d’affaires commencent à évoluer et continueront à évoluer de manière inattendue. Dans cette nouvelle perspective numérique, le paysage des paiements évolue et devient de plus en plus compétitif grâce aux jeunes entreprises cherchant à réduire les coûts des transactions tout en apportant rapidité et agilité aux entreprises opérant dans le corridor africain.

Selon le rapport FinTech 2017 de PwC Global, 82% des institutions financières interrogées prévoient l’augmentation de leurs partenariats FinTech au cours des trois à cinq prochaines années. Cela va très probablement rencontrer une résistance interne considérable, alors que de plus grandes organisations se débattent avec les nouvelles méthodes de travail requises pour s’associer efficacement avec des start-ups agiles et rapides. Cependant, la clé pour réussir réside dans le choix des bonnes personnes avec lesquelles travailler.

Somme toute, nous ne pouvons pas ignorer la croissance numérique sur le continent, car elle offre une multitude d’opportunités pour rapprocher les banques des personnes non bancarisées. Avec l’inclusion financière en tête de notre liste de priorités pour l’Afrique, nous ne pouvons qu’être enthousiastes à l’idée d’accélérer notre croissance numérique en Afrique.

James Scott, Chef du service digital de Absa Corporate et Investment Bank.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique




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