Dr Cindy A. Buckmaster

L’Eco du Mercredi

La Cyno Breeders Association (CBA) a organisé une conférence de presse ayant pour thème la recherche biomédicale sur les animaux, ainsi que sur l’importance des macaques mauriciens pour l’avancée de la médecine.

L’invitée d’honneur et principale intervenante était le Dr Cindy A. Buckmaster, éminente spécialiste américaine dans ce domaine et présidente de la Texas Society for Biomedical Research, d’Americans for Biomedical Progress et de la National Animals Interest Alliance.

L’événement a également vu la participation de Bruno Jullienne et de Nada Padayatchy, respectivement président et vice-président de la CBA (association fondée en 2007 qui regroupe les compagnies d’élevage Bioculture, Noveprim et Le Tamarinier). Ceux-ci ont réalisé un rapide survol de l’histoire de l’élevage de macaques cynomolgus mauriciens destinés à la recherche en laboratoire. Ils ont entre autres souligné qu’il s’agit d’une espèce invasive, introduite dans l’île au 17e siècle par les Hollandais. “Ces macaques sont très recherchés par les laboratoires de toute la planète, car ils sont très sains, et ne sont pas porteurs de certains virus qu’on retrouve chez d’autres singes d’autres origines. Leur patrimoine génétique unique est aussi très recherché par les scientifiques. Ils sont également d’une santé florissante, car les éleveurs mauriciens font partie des meilleurs au monde”, a indiqué Bruno Jullienne.

Prenant la parole à son tour, le Dr Cindy A. Buckmaster a expliqué que la recherche médicale est divisée en deux éléments : la recherche de base et la recherche appliquée. “La recherche de base nous est absolument nécessaire pour comprendre la manière dont fonctionne naturellement le corps et les systèmes biologiques. Quoiqu’en disent les détracteurs de la recherche sur animaux, il nous est impossible actuellement de créer un ordinateur ou un tissu capable de représenter tous les éléments extrêmement complexes d’un corps vivant”, a-t-elle expliqué.

Toutefois, a précisé le Dr Buckmaster, les progrès scientifiques en cours font que de moins en moins d’animaux sont nécessaires pour la recherche appliquée. “Seulement, nous ne sommes pas encore prêts pour enlever complètement les animaux de l’équation. Il y a bien la technologie ‘organs-on-chip’, qui est encore en développement, mais n’a pas encore été validée. Nous espérons y arriver d’ici 2035 pour remplacer les animaux dans certains domaines, et je peux vous dire que si nous y parvenons, ce sera le plus beau jour de ma vie”, a-t-elle déclaré.

Selon elle, “nous bénéficions tous, chaque jour, des avancées médicales et scientifiques apportées par la recherche sur les animaux”. Parmi ces bénéfices, elle cite entre autres : l’anesthésie, les MRI, les antibiotiques, de nombreux types de vaccins, ainsi que des avancées remarquables dans la lutte contre des maladies telles que le cancer, le sida ou la maladie de Parkinson…

Ayant elle-même utilisé des singes mauriciens de Bioculture lors de ses études de neurologie, elle s’est félicitée de l’excellente santé de ces animaux. “On voit que ce sont des animaux qui ont été très bien traités et élevés. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de visiter les centres d’élevages lors de ma visite à Maurice, et j’invite tous ceux qui ont encore des doutes sur la manière dont ils sont traités à en faire de même avant de se forger une opinion définitive”, a indiqué la chercheuse.

Ces traitements humains sont les mêmes qui sont réservés aux animaux utilisés dans les laboratoires américains. Les animaux sont anesthésiés en cas de douleurs possibles, on leur procure des antibiotiques, des anti-douleurs, ils sont suivis durant 24 heures par un vétérinaire spécialisé après chaque opération… “C’est toujours très difficile pour les chercheurs lorsqu’ils doivent euthanasier les animaux qui les accompagnent lors de leurs recherches. Il y a un vrai attachement, car ce sont des êtres que nous côtoyons et dont nous prenons soin chaque jour. Toutefois, nous savons que leur sacrifice va fort probablement permettre de sauver un enfant, une grand-mère ou un membre de votre famille, demain. Ce sont de véritables héros”, affirme celle qui a dédié sa thèse de doctorat aux macaques mauriciens qui l’ont accompagnée lors de ses recherches.

“Nous ne sommes pas des avocats pour la recherche animale, nous sommes des avocats pour le progrès scientifique et l’avancée médicale, et en ce moment, la recherche animale est une composante essentielle de ce progrès”, a conclu le Dr Buckmaster.

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